Ne pas céder sur son désir
CONFÉRENCE & RENCONTRE

Ne pas céder sur son désir

26
Juin
20 26
PHILOSOPHIE TOUT PUBLIC
PMR
Ne pas céder sur son désir

Présentation

Présenté par Raphael Zagury-Orly, philosophe, membre fondateur  

Clotilde Leguil, psychanalyste et philosophe 

Charlotte Casiraghi, auteure, présidente des Rencontres Philosophiques de Monaco 

Dans le Séminaire VII, consacré à l’éthique de la psychanalyse (Seuil, 1986), Jacques Lacan, lors de la séance du 29 juin 1960, dit vouloir, « à titre expérimental », avancer quelques « propositions » et voir « ce que ça donne pour des oreilles d’analystes ». La première est celle-ci: « Je propose que la seule chose dont on puisse être coupable, au moins dans la perspective analytique, c’est d’avoir cédé sur son désir ». En général, de la phrase, on ne retient que la dernière partie. Le plus souvent on l’entend - véritable contre-sens issu de la confusion entre « céder sur » et « céder à » - comme une sorte d’injonction hédoniste, une invitation à « lâcher tout », à céder à toutes les tentations, à se dégager du faix du Sur-moi pour donner libre cours à ses pulsions, à « faire ce qu’on veut ». La phrase étant quelque peu sibylline, elle autorise même qu’on se demande si « son » désir est le désir propre, celui du sujet, ou le désir de l’Autre: la confusion entre « céder sur » et « céder à » serait la même. Or la « nouvelle éthique » envisagée par Lacan ne se fonde guère sur le respect ou non d’impératifs venus d’ailleurs, de la société, mais sur la singularité du sujet, du sujet désirant. Ne pas céder sur son désir serait alors une forme de fidélité, une fidélité à sa propre subjectivité, à sa loi, à ce que l’on est au plus profond de soi, quand céder sur son désir équivaudrait à se trahir (« le sujet trahit sa voie, se trahit lui-même », écrit Lacan), à manifester une sorte de lâcheté existentielle d’où sourdrait la culpabilité, soit le sentiment de se sentir en défaut, en faute, vis-à-vis de son propre désir. Comment doit-être comprise cette phrase énigmatique, devenue pourtant presque un « mot », sinon un mantra ?

Robert Maggiori

Aller sur le site de l'événement

Informations Pratiques

Heure d'ouverture : 19h00
Date : vendredi 26 juin 2026
Horaires d'ouverture

Autour de l'événement

CONFÉRENCE & RENCONTRE
Matinale au marché : Envie, Désir, Besoin

Matinale au marché : Envie, Désir, Besoin

24
Juin
20 26
Présenté par Téo Schumer, journaliste,Si elle est envieuse, une personne voudra avoir ce que l’autre a, arriver à faire ce que l’autre fait, être, même, ce que l’autre est. Dès lors l’envie se trouve souvent prise dans une spirale douloureuse, elle «ronge» l’individu, car nul ne parvient jamais à être ce qu’un autre est. Le besoin, lui, est calme: il repère ce qui lui manque – et disparaît comme besoin dès qu’il le trouve, dès qu’il trouve le pain s’il avait faim, l’eau s’il était assoiffé, un médicament adéquat s’il était malade. Le désir n’est ni envie ni besoin: il sort l’être humain de lui-même et le pousse à aller vers «autre chose» qui, une fois atteinte, le relance vers autre chose encore, sans fin.Robert Maggiori
Proposé par : Rencontres Philosophiques de Monaco
Lieu : Promenade Honoré II, 98000 Monaco
PHILOSOPHIE
Tout public
PMR
CONFÉRENCE & RENCONTRE
Déjeuner-philo : L’enfant qui inquiète, de Alain Ehrenberg

Déjeuner-philo : L’enfant qui inquiète, de Alain Ehrenberg

24
Juin
20 26
Pr Florence Askenazy, psychiatre, en dialogue avec Alain Ehrenberg, sociologue, auteur de L’enfant qui inquiète, Odile Jacob, 2025De quoi s’inquiète l’enfant qui s’inquiète ? D’une socialisation malaisée, d’une autonomie difficile à acquérir, d’une non-reconnaissance de ce qu’il est ou veut être ? Et de quoi s’inquiètent, quand l’enfant dit aller mal, ceux et celles qui l’entourent, l’écoutent, l’éduquent, le protègent, le soignent s’il le faut – ou ne font rien de tout cela ? Nos sociétés ont-elles rendu plus difficiles les conditions d’accès à une autonomie à laquelle visent pourtant tous les projets éducatifs et thérapeutiques ? Et qu’est-ce qui a accru les raisons pour lesquelles les enfants, les adolescent(e)s et les tout jeunes adultes « ne vont pas bien » ? Quelles règles, quelles régulations, quels comportements, quelles valeurs morales, quelles perspectives psychologiques, sociales, politiques même, doivent être modifiées pour assurer au mieux le développement harmonieux d’un enfant ?Robert Maggiori
Proposé par : Rencontres Philosophiques de Monaco
Lieu : Théâtre Princesse Grace
PHILOSOPHIE
Tout public
PMR
CONFÉRENCE & RENCONTRE
Plus envie d’apprendre ?

Plus envie d’apprendre ?

24
Juin
20 26
Présenté par Robert Maggiori, philosophe, membre fondateur Denis Kambouchner, philosophe De prime abord, on pourrait penser qu’apprendre n’a rien à voir avec l’envie, si celle-ci fait désirer avoir ou faire ce que l’autre a et fait, que je n’ai pas et que je suis incapable de faire. Pour qu’il y ait envie, il faut qu’il y ait « quelque chose » qui ne soit pas moi, une altérité. Dès lors, apprendre, quand cela ne dépend pas de la nécessité - je suis bien obligé d’intégrer les règles de la circulation et le sens des panneaux routiers, si je tiens à rouler en voiture - pourrait dépendre plutôt de la volonté, et pas de l’envie. Il arrive pourtant qu’on avoue « n’avoir envie de rien », pas même d’avoir envie, et qu’on se trouve dans une telle apathie qu’on se lasse même de porter son corps et qu’on laisse voguer son esprit, à la dérive. On a alors une sorte d’affaissement général de la volonté, une aboulie qui empêche d’aller où que ce soit, empêche surtout d’aller vers ce qui est nouveau, vers ce qu’on découvrira, vers ce qu’on ne sait pas - en quoi consiste apprendre. Une telle indifférence à tout semble de nos jours s’être étendue, et sans doute s’est-elle confortée elle-même dans l’idée que, désormais, tout ce qu’il y a à savoir est là, disponible en un instant, un clic - et qu’il n’est donc plus utile d’apprendre, puisque je puis savoir sans avoir, de moi-même, rien appris. 
Proposé par : Rencontres Philosophiques de Monaco
Lieu : Théâtre Princesse Grace
PHILOSOPHIE
Tout public
PMR