Désir au masculin
CONFÉRENCE & RENCONTRE

Désir au masculin

26
Juin
20 26
PHILOSOPHIE TOUT PUBLIC
PMR
Désir au masculin

Présentation

Présenté par Géraldine Muhlmann 

Chantal Thomas, de l’Académie Française 

Philippe B. Grimbert, professeur de néphrologie 

Philippe Brenot, sexologue 

Quand les désirs sont pris au pluriel, il semble insensé de se demander s’il y a des désirs féminins et des désirs masculins - puisque tout désir est immanquablement scellé à ce qu’une personne est, à ce qu’elle veut être, à ce qu’elle a ou souhaite obtenir, à ce qu’elle fait, ce qu’elle a fait, ce qu’elle voudrait faire, ce à quoi elle aspire, etc. Au singulier, genré, masculin, il renvoie presque à coup sûr au désir sexuel tel que les hommes l’éprouvent. Paradoxalement, alors que ce sont les hommes qui ont le plus parlé de sexualité, y compris en définissant une sexualité qui serait celle des femmes et correspondrait à ce qu’ils auraient voulu qu’elle fût - avant que les femmes elles-mêmes ne prennent la parole pour déboulonner tous les stéréotypes et les préjugés patriarcaux auxquels on les avait assignées - la question du désir masculin a fait l’objet d’esquives, de mises au silence et d’enfouissements. Puisque le désir s’enracine à la fois dans le corps, le cœur et le cerveau, les molécules ou les neurones, on a surtout avancé des explications physiologiques ou neuro-biologiques, et, pour rendre raison de comportements dits « masculins », comme la confiance en soi, l’aptitude à diriger ou dominer, une certaine agressivité parfois, souligné par exemple le rôle des hormones stéroïdiennes, in primis la testostérone, dont est bombardé dès la vie intra-utérine le cerveau du petit garçon. Mais les personnes, hommes ou femmes, ne se réduisent pas à des êtres biologiques: elles sont « faites » par les relations avec autrui, par l’éducation, par les structures sociales et ce que celles-ci produisent comme valeurs, comme règles de comportement, idées, opinions, préjugés... Aussi un désir au masculin ne peut-il se conjuguer qu’avec l’ensemble de ces facteurs et déterminations: et il n’est pas sûr, dans ce cas, qu’il se manifeste comme bon nombre de stéréotypes voudraient qu’il se manifestât: un désir « primitif », direct, possessif, tourné exclusivement vers la pénétration et la jouissance de l’éjaculation, exempt de toute sentimentalité, insensible à la douceur et à la tendresse au moment vécu... Il faudrait une révolution « masculine » pour l’attester, aussi puissante qu’a été celle réalisée par le féminisme. Hélas, c’est le « masculinisme » qui ici et là refait surface: retour en arrière qui décline le « désir au masculin » sur le mode de la virilité dominatrice.

Robert Maggiori

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Informations Pratiques

Heure d'ouverture : 14h30
Date : vendredi 26 juin 2026
Horaires d'ouverture

Autour de l'événement

CONFÉRENCE & RENCONTRE
Matinale au marché : Envie, Désir, Besoin

Matinale au marché : Envie, Désir, Besoin

24
Juin
20 26
Présenté par Téo Schumer, journaliste,Si elle est envieuse, une personne voudra avoir ce que l’autre a, arriver à faire ce que l’autre fait, être, même, ce que l’autre est. Dès lors l’envie se trouve souvent prise dans une spirale douloureuse, elle «ronge» l’individu, car nul ne parvient jamais à être ce qu’un autre est. Le besoin, lui, est calme: il repère ce qui lui manque – et disparaît comme besoin dès qu’il le trouve, dès qu’il trouve le pain s’il avait faim, l’eau s’il était assoiffé, un médicament adéquat s’il était malade. Le désir n’est ni envie ni besoin: il sort l’être humain de lui-même et le pousse à aller vers «autre chose» qui, une fois atteinte, le relance vers autre chose encore, sans fin.Robert Maggiori
Proposé par : Rencontres Philosophiques de Monaco
Lieu : Promenade Honoré II, 98000 Monaco
PHILOSOPHIE
Tout public
PMR
CONFÉRENCE & RENCONTRE
Déjeuner-philo : L’enfant qui inquiète, de Alain Ehrenberg

Déjeuner-philo : L’enfant qui inquiète, de Alain Ehrenberg

24
Juin
20 26
Pr Florence Askenazy, psychiatre, en dialogue avec Alain Ehrenberg, sociologue, auteur de L’enfant qui inquiète, Odile Jacob, 2025De quoi s’inquiète l’enfant qui s’inquiète ? D’une socialisation malaisée, d’une autonomie difficile à acquérir, d’une non-reconnaissance de ce qu’il est ou veut être ? Et de quoi s’inquiètent, quand l’enfant dit aller mal, ceux et celles qui l’entourent, l’écoutent, l’éduquent, le protègent, le soignent s’il le faut – ou ne font rien de tout cela ? Nos sociétés ont-elles rendu plus difficiles les conditions d’accès à une autonomie à laquelle visent pourtant tous les projets éducatifs et thérapeutiques ? Et qu’est-ce qui a accru les raisons pour lesquelles les enfants, les adolescent(e)s et les tout jeunes adultes « ne vont pas bien » ? Quelles règles, quelles régulations, quels comportements, quelles valeurs morales, quelles perspectives psychologiques, sociales, politiques même, doivent être modifiées pour assurer au mieux le développement harmonieux d’un enfant ?Robert Maggiori
Proposé par : Rencontres Philosophiques de Monaco
Lieu : Théâtre Princesse Grace
PHILOSOPHIE
Tout public
PMR
CONFÉRENCE & RENCONTRE
Plus envie d’apprendre ?

Plus envie d’apprendre ?

24
Juin
20 26
Présenté par Robert Maggiori, philosophe, membre fondateur Denis Kambouchner, philosophe De prime abord, on pourrait penser qu’apprendre n’a rien à voir avec l’envie, si celle-ci fait désirer avoir ou faire ce que l’autre a et fait, que je n’ai pas et que je suis incapable de faire. Pour qu’il y ait envie, il faut qu’il y ait « quelque chose » qui ne soit pas moi, une altérité. Dès lors, apprendre, quand cela ne dépend pas de la nécessité - je suis bien obligé d’intégrer les règles de la circulation et le sens des panneaux routiers, si je tiens à rouler en voiture - pourrait dépendre plutôt de la volonté, et pas de l’envie. Il arrive pourtant qu’on avoue « n’avoir envie de rien », pas même d’avoir envie, et qu’on se trouve dans une telle apathie qu’on se lasse même de porter son corps et qu’on laisse voguer son esprit, à la dérive. On a alors une sorte d’affaissement général de la volonté, une aboulie qui empêche d’aller où que ce soit, empêche surtout d’aller vers ce qui est nouveau, vers ce qu’on découvrira, vers ce qu’on ne sait pas - en quoi consiste apprendre. Une telle indifférence à tout semble de nos jours s’être étendue, et sans doute s’est-elle confortée elle-même dans l’idée que, désormais, tout ce qu’il y a à savoir est là, disponible en un instant, un clic - et qu’il n’est donc plus utile d’apprendre, puisque je puis savoir sans avoir, de moi-même, rien appris. 
Proposé par : Rencontres Philosophiques de Monaco
Lieu : Théâtre Princesse Grace
PHILOSOPHIE
Tout public
PMR