C’était mieux avant ?
CONFÉRENCE & RENCONTRE
Événement archivé

C’était mieux avant ?

17
Octobre
20 24
PHILOSOPHIE TOUT PUBLIC FR
PMR
C’était mieux avant ?
Places gratuites avec réservation

Présentation

N’a-t-on pas dit, longtemps, que du passé il fallait faire table rase, afin que les lendemains chantent et que l’avenir soit radieux ? Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et aujourd’hui il semble bien qu’on ait changé de cap et fait un demi-tour complet : on ne veut plus regarder vers le futur, inconnu, trop chargé de menaces encore indéchiffrables, et on se retourne avec délectation vers le passé, connu, irréversible, mais interprétable à loisir, tel un mythe. Déjà rognée par de multiples et plus ou moins vraisemblables dystopies, l’utopie cède la place à ce que le sociologue Zygmunt Bauman a nommé, dans un ouvrage écrit quelques mois avant sa disparition en 2017, une « rétrotopie », faite de la volonté rétrograde de revenir à un passé tantôt réinventé, tantôt idéalisé ou sacralisé, qui fait dire à ceux et celles qui la portent : « C’était mieux avant ! »

Comment expliquer cette navigation à rebours, dans les mentalités, les postures sociales ou les discours politiques ? Cela n’existe pas, une société ou une civilisation qui affirme : voilà, la perfection est atteinte, en tous les domaines, il s’agit désormais d’aller vers le moins bien, le pire. Comme l’écrit Thomas d’Aquin (Somme théologique, I-II, Q97, a1), il semble naturel, pour la raison humaine, d’« aller par degrés de l’imparfait au parfait », ou du moins de s’en approcher « progressivement ». Ce qui est pensé et fait, partout et à toute époque, l’est toujours en vue d’une amélioration, d’un pas en avant, d’un progrès – même si les résultats, ensuite, non calculés, non prévus, se révèlent catastrophiques. Nul n’aurait l’idée de construire exprès des ponts moins solides, des télescopes moins précis ou des avions moins sûrs que ceux qui existent. C’est pourquoi l’avenir demeure un habitat naturel d’espoirs et de légitimes expectatives – sinon une sphère de liberté, où tout peut encore advenir. On peut comprendre évidemment que l’élan vers le futur, telle la perche du sauteur en hauteur, s’appuie sur le sol de la tradition, de ce que le passé a charrié comme expériences, leçons, mises en garde. Mais comment comprendre que la foi dans le progrès – au nom de laquelle on a parfois justifié le pire – se dissipe et puisse laisser se répandre une « épidémie globale de nostalgie » (Bauman), voire un passéisme qui se rend lui-même aveugle aux réalités présentes ? C’était vraiment mieux avant ? Mais avant… Quand ? Avant 1989 ? Avant les Trente glorieuses ? La Première guerre ? L’âge des Lumières ? La Renaissance ? Le Moyen Âge ? l’Empire romain ? Quand il y avait l’esclavage, quand les enfants mouraient en nombre à la naissance, quand les femmes n’avaient aucun droit, quand on ne savait pas soigner les épidémies, quand on s’éclairait à la bougie ? Nul ne nie que de sombres nuages obscurcissent l’avenir, que le changement climatique menace la vie même sur Terre, que la révolution numérique et les réseaux sociaux ont provoqué des modifications radicales dans les façons de connaître, de faire, d’être et d’être-ensemble, provoqué de profondes déchirures du tissu social et renforcé la croyance que dans les États-nations la politique est impuissante. Est-ce parce que la route devant nous est de brouillard que l’on préfère, non sans risques, regarder dans le rétroviseur ? C’était mieux avant ? Peut-être. Du moins si on enferme la question dans une simple psychologie personnelle : bien sûr, c’était mieux avant, car « avant » est le temps de la jeunesse, le temps, pour chacun, de ses vingt ans.

Robert Maggiori

© Les Rencontres Philosophiques de Monaco

Informations Pratiques

Heure d'ouverture : 19h00
Date : jeudi 17 octobre 2024
Horaires d'ouverture

Autour de l'événement

ATELIER/COURS/FORMATION & STAGE
La philo pour les jeunes "C'est qui papa ?" animé par Alicia Polzella Gauduel

La philo pour les jeunes "C'est qui papa ?" animé par Alicia Polzella Gauduel

04
Nov.
20 26
Dans cet atelier, les enfants réfléchiront ensemble à cette question : C'est qui papa ? À partir de leurs expériences, de leurs idées et de leurs questions, ils discuteront de ce qui fait l'identité d'un père, de l'amour, de la responsabilité, de la présence et de l'absence, ainsi que des rôles et des stéréotypes qui entourent la figure paternelle.Un moment de philosophie pour découvrir qu'une question, en apparence très simple, peut ouvrir de grandes réflexions sur les liens qui unissent les personnes et sur ce qui constitue la relation entre un enfant et un papa.
Proposé par : Médiathèque Caroline
Lieu : Médiathèque Caroline
PHILOSOPHIE
Jeune Public
FR
PMR
MUSÉE
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Exposition « Mon nom est personne », Boris de Schloezer : les archives d’un penseur des arts au XXᵉ siècle

06
Nov.
20 26
30
Janv.
20 27
Découvrez l’univers de Boris de Schloezer, philosophe, traducteur, musicologue et critique musical français d’origine russe, figure majeure de la vie intellectuelle du XXᵉ siècle.À travers près de 3 000 documents conservés à au Fonds Patrimonial de la Médiathèque depuis 1997 et légués par Marina Scriabine, fille du compositeur Alexandre Scriabine et nièce de Boris de Schloezer, cette exposition révèle la richesse de son parcours et de ses réseaux intellectuels.Conçue pour tous les curieux, passionnés de culture, d’histoire et de musique, vivez une immersion dans l’univers de cette figure fascinante.Le vernissage de l'exposition et l'ouverture du colloque consacré à Boris de Schloezer auront lieu le vendredi 6 novembre à 18h30. Au programme : conférence, récital et lectures.
Proposé par : Médiathèque Caroline
Lieu : Médiathèque Caroline
LITTÉRATURE
PHILOSOPHIE
THÉÂTRE
MUSIQUE
DANSE
Tout public
PMR
CONFÉRENCE & RENCONTRE
Colloque "Mon nom est personne" - Journée consacrée à l'œuvre de Boris de Schloezer

Colloque "Mon nom est personne" - Journée consacrée à l'œuvre de Boris de Schloezer

07
Nov.
20 26
La Médiathèque Caroline organise un colloque consacré à l’œuvre de Boris de Schloezer.Réunissant chercheurs, artistes et spécialistes, cet événement entend mettre en lumière la richesse et la diversité de sa pensée.Les thématiques abordées - musique, philosophie, danse, théâtre, poésie - reflètent pleinement l’approche pluridisciplinaire de cet intellectuel.
Proposé par : Médiathèque Caroline
Lieu : Médiathèque Caroline
LITTÉRATURE
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THÉÂTRE
MUSIQUE
PHILOSOPHIE
Tout public
PMR